Note de lecture de Cadou Loire intérieure |
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Ce texte est diffusé avec l'autorisation de Thierry Gillyboeuf. |
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Certaines parentés littéraires semblent couler de source, telle
celle qui réunit en une même famille élue, René Guy Cadou et Jean Rouaud. L’auteur de Hélène ou le règne végétal
serait ainsi une sorte de frère aîné de l’auteur des Champs d’honneur, qu’il aurait précédé sur les
chemins de la mélancolique clarté. Tout rapproche ces deux poètes habités par la certitude de la beauté,
qui s’adressent, à distance, comme des signes de reconnaissance.
Je ne suis plus de mon enfance.
Vers inguérissable dont Mon enfance est à tout le monde serait comme le pendant. Et pour Jean
Rouaud, il n’est plus possible d’éviter l’empathie et de songer, en filigrane, à ce père magnifique disparu
un lendemain de Noël. Pour autant, il ne s’approprie pas Cadou mais parvient à l’habiter, et à nous
révéler la grâce d’une œuvre au surgissement singulier.
La poésie n’est rien que ce grand élan qui nous transporte vers les choses usuelles.
La rencontre avec Hélène, l’« écoutée de l’ange » sacralisée par la ferveur de son amour, lui permet d’atteindre à cette osmose universelle où chaque minute décrète l’éternité. Transfigurant « le maigre inventaire de sa vie », son écriture atteint à une paix joyeuse où rayonne la voix solaire du « Poverello de Brière » : Le temps qui m’est donné que l’amour le prolonge.
Cette évocation émouvante parce qu’émue de la vie en poésie du petit instituteur de Louisfert ne serait-elle pas pour Jean Rouaud, manière de composer une « autofiction » poétique ? Thierry GILLYBOEUF. [ haut ]
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